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06.01. Babel - Chapitre VI (1/4)

lundi 29 octobre 2007, par Luc de Bauprois


(Episode précédent)

Chapitre VI

Un grésillement saccadé se fit entendre à travers la porte d’entrée, mais aucun autre bruit ne lui répondit. Alain resta ainsi à attendre quelques minutes. Il regarda machinalement sa montre, impatienté par cette attente et sonna à nouveau, sans plus de succès : apparemment la maison était déserte. Il rebroussa chemin, traversant à nouveau la petite cour. Il tira le lourd vantail de bois qui vint à lui en grinçant.


De retour sur le trottoir, il regarda la porte se refermer, occultant lentement la vision de la maisonnette… Juste avant qu’elle ne se ferme en claquant, Alain sursauta : il avait aperçu, ou cru apercevoir, une ombre bouger derrière un des rideaux du premier étage.


Il décida d’en avoir le cœur net et retourna sonner, insistant longuement, signifiant ainsi à l’occupant des lieux qu’il avait été vu… Quelques instants plus tard il entendit des pas s’approcher de la porte et une voix lui demanda :


— C’est à quel sujet ?


— Police, répondit-il.


La porte s’entrebâilla, retenue par une chaîne de sécurité :


— Prouvez-le !


Alain fouilla dans ses poches et finit par y pêcher sa carte. Il la tendit en demandant :


— Je peux entrer ?


— Attendez…


La porte se referma quelque peu et Alain entendit la chaîne retomber, puis le vantail s’ouvrit en grand, démasquant une superbe créature, presque aussi grande que lui, couronnée d’un feu ardent par une longue chevelure d’un roux flamboyant. Alain resta un moment à la regarder, conscient de ce que la situation pouvait avoir de gênant pour la jeune femme… Ce fut elle qui rompit le silence pesant qui s’était instauré :


— Votre carte, dit-elle en la lui tendant.


— Merci, balbutia-t-il.


— Pourquoi vouliez-vous me voir ?


— Je viens au sujet de Georges Nardon…


— Georges qui ?


— Nardon, votre tuteur. Il vient d’être assa…


Elle ne lui laissa pas terminer sa phrase :


— Mon tuteur ? Je n’ai jamais eu de tuteur !


— Vous êtes bien Patricia Villier ?


— Oui…


— La fille de l’ingénieur Hervé Villier ?


— Non… Mon père s’appelle bien Hervé, mais il n’est pas ingénieur, il est épicier dans un village du côté de Caen…


Alain était déçu : il était sur une fausse piste. Pourtant il ne voyait pas où et quand il avait pu commettre une erreur… Il allait s’excuser lorsqu’il entendit un bruit de choc provenant du radiateur près de lui.


— Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-il, indiscrètement.


— Juste des travaux de plomberie. C’est pour ça que j’ai mis du temps à vous répondre. J’étais avec les ouvriers.


— Je comprends… Bien, il ne me reste qu’à m’excuser de vous avoir dérangée.


— Ce n’est rien, vous faites votre travail.


— Merci de votre compréhension. Au revoir.


Tandis qu’Alain tenait ce dialogue, quelque chose le tracassait. Un doute naissait en lui, sans qu’il ne parvienne à savoir pourquoi. Tout à coup il comprit et retint la porte qui se refermait :


— Un instant !


— Quoi encore ?


Alain rentra à l’intérieur de la maison et regarda fixement la jeune femme.


— Vous n’êtes pas Patricia Villier ! tonna-t-il.


Il lui sembla la voir se troubler, mais elle se reprit et jeta, arrogante :


— Vous êtes fou !


— La vraie Patricia Villier, qui habite ici mesure 1 m 60, or vous êtes aussi grande que moi !


— Vous devez vous tromper…


— Non. D’ailleurs vous avez les yeux verts et la vraie Patricia a les yeux bleus !


— La vraie Patricia, vous n’avez que ce mot-là à la bouche. Vous voulez voir ma carte d’identité ?


Elle tendit le bras vers son sac à main. Alain lui saisit le poignet et arrêta son geste. De l’autre main il fouilla le sac, gêné par la jeune femme qui se débattait…


— Lâchez-moi, commença-t-elle à hurler. Lâchez-moi ou j’appelle.


Alain lui sortit la main du sac : elle tenait un revolver.


— C’est donc ça que vous cherchiez ?


Elle ne réagit pas. Alain continua :


— Qui êtes-vous donc ? demanda-t-il, d’une voix implacable.


Comme elle ne répondait toujours pas, Alain lui donna une gifle retentissante qui fit plus de bruit que de mal. Elle se laissa tomber à terre, recroquevillée, se cachant le visage entre les mains. Alain la releva sans ménagement.


— Alors ? demanda-t-il.


Elle le regarda droit dans les yeux et lui lança :


— Je n’ai rien à vous dire, sale brute !


Alain se demandait si finalement il ne s’était pas trompé… S’il avait encore commis une bavure, ça allait mal aller pour lui ! À ce moment, les coups sur le radiateur reprirent de plus belle, ce qui inquiéta visiblement la jeune femme. Alain le sentit :


— Allons donc voir ces travaux, lui dit-il.


Sa réaction le confirma dans son intuition : les bruits qu’il entendait ne provenaient pas du travail d’un quelconque ouvrier. Il entraîna la femme à sa suite et commença à ouvrir, l’une après l’autre, les portes du rez-de-chaussée. Finalement, comprenant qu’elle avait perdu, la femme capitula :


— C’est bon, vous avez gagné, Patricia est dans la salle de bains, attachée à un radiateur…


— Bonne idée, répliqua Alain en en faisant autant à l’aide des menottes réglementaires qui ne le quittaient jamais.


Tout en gravissant l’escalier, il continuait à entendre le bruit des coups qui s’amplifiait au fur et à mesure de son ascension : ainsi guidé, il trouva aisément la salle d’eau.

A suivre...


(c) 1992 Luc de Bauprois - Tous droits réservés

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