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12.02. Babel - Chapitre XII et final (2/4)

lundi 21 avril 2008, par Luc de Bauprois


(Episode précédent)

La longue chevelure flamboyante de la jeune fille, étalée sur le drap blanc de la civière lui rappelait sa femme. Sa fille aussi était rousse. Il n’aimait pas repenser à elle. Il avait trop souffert lorsqu’il avait appris par hasard, en lisant un journal venu de l’extérieur, l’accident dont elle avait été victime, juste comme elle quittait la tour.

Il s’en voulait d’autant plus que c’était lui qui avait tenu à l’éloigner, à une époque où il n’était pas encore dans le secret du véritable rôle de ce gigantesque édifice.

Il secoua la tête pour s’arracher à ces pénibles souvenirs et revint s’asseoir à son poste. Il ouvrit un tiroir qui ne lui avait pas servi depuis bien longtemps et en tira une trousse pharmaceutique dont il sortit deux seringues emplies d’un liquide blanchâtre.

— C’est quand même utile ces pistolets hypodermiques, murmura-t-il en se dirigeant vers les deux brancards.

Il vérifia que les deux seringues ne contenaient pas la moindre bulle d’air puis il injecta successivement à Alain, puis à Patricia, la solution de tonique.

Quelques secondes plus tard Alain et Patricia commencèrent à émerger des brumes du profond sommeil artificiel dans lequel ils avaient été plongés.

Alain fut le premier à reprendre conscience. Sa première vision fut celle du visage du capitaine qui surveillait le bon déroulement de leur réveil.

— Où suis-je ? se demanda-t-il suivant la formule consacrée.

Il regarda autour de lui, étonné par le décor qui l’entourait. Puis, se relevant sur les coudes, il aperçut enfin le corps de celle qui l’avait accompagné, toujours inconsciente.

— Patricia, dit-il en lui saisissant le poignet à la recherche de son pouls.

Le capitaine tressaillit en entendant ce prénom. Il voulut en avoir le cœur net :

— Qui êtes-vous ? demanda-t-il à Alain, d’un ton autoritaire qui n’acceptait aucune désobéissance.

Celui-ci se présenta et voulut commencer à poser des questions mais le vieil homme ne le laissa pas poursuivre :

— Et elle ? le coupa-t-il.

— Patricia Villier…

— Ma fille ! Ce n’est pas poss…

— Papa ! cria Patricia qui venait, elle aussi, de se réveiller.

— Vous ne pouvez pas être Patricia. Elle est morte depuis longtemps. Qui êtes-vous en vérité ?

— Je suis ta fille ! Je suis vivante.

— Je ne peux vous croire. Ma fille est morte le 13 septembre 1974, renversée par une voiture au moment où elle quittait la tour en compagnie de Georges Nardon qui était venu la chercher…

— C’est faux ! Je n’ai jamais été victime d’un tel accident, répondit-elle, étonnée.

Puis, faisant appel aux souvenirs du temps où elle vivait encore avec son père, elle entreprit de le convaincre…

D’abord dubitatif, Hervé Villier se rendit bientôt à ses arguments. Il accepta enfin de la prendre dans ses bras, en une étreinte pleine de l’émotion accumulée au fil des ans.

Alain avait regardé la scène sans trop y croire. Les événements qu’il avait vécus lui avaient un peu ôté le sens des réalités… Lorsqu’enfin le père et la fille se séparèrent, il prit la parole :

— C’est bien beau tout ça et je suis très heureux pour vous, mais j’aimerais bien comprendre quelque chose à ce qui m’arrive, moi !

— C’est une longue histoire, commença Hervé Villier. Tout a commencé avec la découverte de l’astéroïde de Nepernium…

— Oui, passons ! Tout le monde sait cela…

— L’histoire officielle, tout le monde la connaît, c’est vrai. Mais lorsque ce fabuleux métal a été découvert, un petit groupe d’homme, peut-être des illuminés, peut-être de grands sages, a jeté les plans d’un vaste projet : cette tour, où plutôt ce vaisseau, car vous l’avez certainement compris, nous sommes à bord du plus gigantesque vaisseau spatial jamais imaginé.

— Ce n’est donc pas l’explosion qui… commença Patricia.

Alain la fit taire d’un regard qui signifiait : “plus tard les questions”. Négligeant l’interruption, Hervé Villier continua :

— Ces hommes craignaient ce qui est arrivé aujourd’hui : qu’un jour, on découvre une arme plus puissante que les autres qui détruirait le monde et tous ses habitants. Ils ne pensaient certainement pas que l’on y viendrait aussi vite… Ou, peut-être, pensèrent-ils à la pollution, ou à la surpopulation. Qui sait ? En tous cas, ils étaient convaincus qu’un jour notre monde deviendrait inhabitable et ils mirent tout en œuvre pour qu’une poignée de survivants puisse fuir et perpétuer la race humaine…

Hervé Villier resta silencieux et Patricia en profita :

— Jamais ils ne pouvaient concevoir des propulseurs assez puissants pour arracher cette masse au sol, objecta-t-elle.

— Ils avaient une seule certitude, celle que le progrès irait de plus en plus vite, jusqu’à finir par s’emballer. La création dépassant son créateur, en quelque sorte…

— Alors tout était prévu, tout était décidé depuis longtemps, dit Alain d’un air songeur.

— Tout ! La voûte à la base de la tour est un gigantesque réacteur, le voile, qui vient d’être de nouveau déployé est un gigantesque panneau solaire qui nous fournit de l’énergie et nous pousse vers un autre soleil. Nous produisons par rotation notre propre gravité ce qui explique la forme cylindrique des salles…

— Et l’oxygène est produit par les plantes, continua Alain.

— Pas vraiment. Les plantes sont surtout là pour être transplantées sur notre future planète. L’oxygène, et la nourriture d’ailleurs, proviennent de vastes cultures d’algues réalisées en apesanteur dans la partie centrale du vaisseau…

— Et Ingnam dans tout ça ? Qui était-il ? Pourquoi s’est-il suicidé ? Et pourquoi nous a-t-on tiré dessus d’ailleurs ? demanda Alain, qui, décidément, voulait aller jusqu’au bout de son enquête.

— On vous a tiré dessus car on vous a pris pour lui. Ingnam était un espion à la solde du bloc asiatique. On ne garde pas secret un grand projet comme le nôtre sans que des rumeurs courent… Ingnam s’est donc mêlé à nous pour essayer de percer notre secret. Il y a réussi et a voulu aller révéler la vérité au reste du monde. Nous ne pouvions pas l’accepter…

— Pourquoi ?

A suivre...


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