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12.03. Babel - Chapitre XII et final (3/4)

lundi 28 avril 2008, par Luc de Bauprois


(Episode précédent)

— Vous imaginez la panique ? Si le monde avait appris qu’un petit groupe de privilégiés, allait échapper à cet enfer… Et en détruisant une ville entière en plus !

— Ce n’est donc pas les bombes qui ont détruit Paris ?

— Non, c’est nous ! Mais si nous ne l’avions pas fait, une salve de missiles l’aurait fait à notre place exactement une minute plus tard… Nous sommes des meurtriers, c’est vrai. Mais au moins l’humanité n’a pas disparu…

— L’humanité ! La disparition d’une cité, même d’une grande ville comme Paris ne signifie pas la fin du monde.

— Par le mécanisme des alliances et des mesures automatiques de contre-attaque, si ! Exactement quinze secondes après l’impact des missiles, la troisième guerre mondiale éclatait. Ça a été la dernière mais aussi la plus terrible et la plus courte des guerres : une heure après la première attaque, la terre n’existait plus… Nous sommes les seuls survivants !

— À quel prix ! Tout le monde sait bien que le déséquilibre économique causé par la tour est une des raisons de cette guerre…

— Elle aurait éclaté tôt ou tard !

— Et Ingnam dans tout ça ? demanda Alain qui ne renonçait pas à son enquête…

— On l’a surpris alors qu’il essayait de fuir par l’accès sud-est. L’un des nôtres l’a pris en chasse. Il y a eu un échange de coups de feu au cours duquel le conducteur d’un train a été accidentellement touché. Et puis, un troisième homme est intervenu, sans doute le contact d’Ingnam…

— Non c’était moi, rectifia Alain qui en profita pour raconter sa propre version des événements.

Puis :

— Mais pourquoi s’est-il donc suicidé alors qu’il voulait révéler ce fantastique secret ?

— Il ne s’est pas suicidé. Notre agent a juste eu le temps de le tuer avant que vous ne l’arrêtiez… Il n’a même pas pu récupérer le disque d’identification d’Ingnam, ce qui vous a permis de venir jusqu’ici ! Vous avez eu de la chance de rester vivant. Normalement notre agent aurait dû vous abattre, vous et tous les gens à qui vous aviez pu parler…

Alain restait songeur. Il comprenait seulement tous les rouages de l’affaire. Il comprenait aussi pourquoi il avait été écarté avec tant d’insistance. Un projet aussi immense comportait certainement des “amis” bien placés qui, par leur coopération, espéraient sans doute s’assurer une bonne place dans le vaisseau…

Hervé Villier reprit :

— À propos de disque d’identité, il est temps de vous en donner un. Vous faites partie de notre petite communauté à présent…

Il alla s’asseoir à son bureau et pianota quelques ordres sur le terminal, puis :

— Bien, nous allons enregistrer vos empreintes cérébrales…

— Nos quoi ? demandèrent d’une seule voix Alain et Patricia.

— À bord du vaisseau, toutes les tâches critiques sont soumises à un contrôle d’identité basé sur la mesure du profil des ondes cérébrales qui est unique pour chaque individu. Ces données sont enregistrées de manière inviolable sur un disque de Nepernium…

— Mais alors, comment se fait-il que nous ayons pu prendre l’ascenseur ? demanda Alain.

— Il ne s’agit pas d’une tâche critique : tout le monde y est habilité. Pour les utiliser il suffit de prouver son appartenance à l’équipage en utilisant le disque. Mais aucune vérification n’est faite… On commence par qui ?

Patricia fut la première à réagir. Son père la fit s’asseoir à sa place et enfonça une dernière touche. Un lourd casque métallique se mit à descendre lentement…

— Ne t’inquiète pas, commença Hervé Villier, cet appareil effectue la mesure. Mais ne touche surtout à rien ! Si par malheur tu tentais une manœuvre qui t’est interdite, tu risquerais l’électrocution pure et simple…

Alain vit Patricia se raidir sur son siège. Il demanda :

— Il est si facile de faire une fausse manœuvre ?

— Cela est d’autant plus aisé que ce terminal est le poste maître de tous les ordinateurs du navire…

Au bout de quelques secondes le casque remonta vers le plafond et Alain put prendre la place de Patricia pour subir le même examen.

Comme Hervé Villier leur donnait à chacun un petit morceau de métal prouvant leur identité, Patricia demanda :

— Et l’incendie ?

— C’était un bon moyen d’avoir la paix. La tour était devenue quasi-autonome, en interdire l’accès était la seule façon d’en assurer le secret. Et puis, ça a aussi été l’occasion de couler le revêtement anti-radiations qui en recouvre les parois. Ce n’était qu’une mise en scène.

— Pourtant les sections du bas ont été détruites, objecta Patricia qui se souvenait de leur arrivée dans la cinquième section.

— Non ! Rien n’y a été installé. En fait seules les quatre premières sections de la tour ont été aménagées en appartements ou en bureaux pour donner le change. Rien n’a été entrepris en dessous du niveau du voile.

— Pourquoi ?

— Qui dit travaux, dit bruits et lumières. Nous ne voulions pas êtres découverts et le voile nous offrait un commode écran…

— Si j’avais su, commença Patricia. Pourquoi m’avoir éloignée de toi ? Je n’étais peut-être pas digne de l’élite que vous deviez sauver…

— Ne sois pas injuste. À l’époque je ne savais rien de tout cela ! Je n’ai appris que bien plus tard la véritable fonction de la tour et je te croyais morte. Tu aurais eu ta place parmi nous. Si seulement je t’avais su vivante… Nous ne sommes pas un ramassis d’égoïstes criminels comme tu sembles le croire : il y a de tout ici ! De toutes les races et de toutes les intelligences. Nul n’est supérieur aux autres lorsqu’il s’agit de la survie d’une civilisation. C’est une terre en miniature qui part vers les étoiles…

— Et toi dans tout ça ?

A suivre...


(c) 1992 Luc de Bauprois - Tous droits réservés

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