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07.04. Babel - Chapitre VII (4/4)

lundi 17 décembre 2007, par Luc de Bauprois


(Episode précédent)

— On verra bien… Alors, ce listing ?

— Voilà…

Alain commença à lui lire les lignes, mais Marc ne le laissa pas finir :

— Stop ! Je ne pourrais jamais rien y comprendre si tu le lis à une vitesse pareille. Je vais noter… Il y en a long ?

— Une trentaine de pages.

— Quoi ! Et tu espères que je vais recopier tout ça ? Viens plutôt me voir.

— Ok, j’arrive… Disons dans une heure.

— Pas de problème, j’ai toute ma soirée… Et puis, ça me fait plaisir de te voir t’intéresser à l’informatique, ajouta-t-il en rigolant.

— Oh, ça va toi ! À tout à l’heure. Au fait …

— Oui ?

— J’aimerais mieux que personne ne soit au courant de ma visite. Je t’expliquerai…

— D’accord ! À tout de suite.

Alain raccrocha le téléphone :

— Tout va bien. Marc nous attend. Il va nous expliquer les mystères de ce listing…

— De ces listings, le corrigea-t-elle en lui en tendant un second, non moins énigmatique.

Alain le regarda. Encore une vingtaine de pages presque semblables. Cette fois-ci, au moins une chose lui semblait familière :

— Regarde, là, on dirait des dates en anglais…

— Possible… On verra bien ce qu’en dit ton copain. Comment s’appelle-t-il déjà ?

— Marc.

— Rien d’autre dans le carton ?

— Non. On est arrivé au fond… S’il y a quelque chose d’intéressant dans cette caisse, c’est bien ceci, dit-il en secouant les feuilles de papier qu’il voulait soumettre à Marc.

— On emporte quand même le tout ?

— Tu as raison… Ce n’est pas tellement lourd et si jamais on en a besoin, ça nous évitera de revenir…

— Et la carte des catas ?

— On l’emmène aussi, elle ne prend pas une grande place. Allez, direction le métro.

— Encore le métro… Tu n’as pas de voiture ?

— Non, désolé !

— Si j’avais su, j’aurais pris la mienne… On pourrait aller la chercher, ça ne ferait pas un grand détour. Il habite où, ton Marc ?

— Pas très loin de chez toi. Mais ce n’est pas prudent d’aller prendre ta voiture. Elle est peut-être sous surveillance.

— C’est vrai. Bon, allons-y pour le métro, se résigna-t-elle.

Elle alla rapidement s’habiller pendant qu’Alain rassemblait les documents épars sur la table. Quelques minutes plus tard, ils étaient prêts à lever le camp.

Comme il fermait la porte de son appartement, il entendit le téléphone sonner. Il hésita à rouvrir pour y répondre et décida finalement de ne pas le faire : il avait un répondeur. Si l’appel était important, on lui laisserait un message.

Ils quittèrent prudemment l’immeuble et se dirigèrent vers la station toute proche, se retournant fréquemment pour vérifier qu’ils n’étaient pas suivis.

.
..

Environ une demi-heure plus tard, ils s’arrêtaient devant la porte de Marc.

— C’est là ? demanda-t-elle.

— Oui… On a fait plus vite que je ne le pensais. J’espère qu’on n’arrive pas trop tôt. Bah, on verra bien, ajouta-t-il en sonnant.

Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvrit, livrant passage à Marc, visiblement de bonne humeur.

— Salut Alain. Déjà là !

C’était plus une constatation qu’une question, mais Alain se sentit obligé de répondre :

— Je sais, excuse-moi… Si je te dérange, je peux repasser plus tard.

— Tu sais bien que tu ne me déranges jamais. Allez, entre !

Alain pénétra dans l’appartement, suivi par Patricia qui jusque-là était restée sur le palier, cachée à la vue de Marc. Celui-ci parut surpris :

— Je ne savais pas que tu étais accompagné. Tu me présentes ?

Alain s’exécuta.

— Donnez-moi vos affaires, je vais vous débarrasser, proposa-t-il à Patricia.

— On peut se tutoyer, non ?

— Pourquoi pas…

Marc prit la veste de Patricia et proposa à Alain de prendre le sienne.

— Laisse, je vais les porter… Je les pose dans ta chambre ?

— Euh, je préfère t’accompagner, répliqua Marc, il y a un peu de désordre.

Ils partirent tout deux et lorsqu’ils se furent éloignés quelque peu, Marc demanda à voix basse :

— Je ne savais pas que tu connaissais une beauté pareille… Tu aurais pu me la présenter plus tôt.

Alain ne répondit rien. Marc poursuivit :

— C’est ta copine ? Pas encore, apparemment ! Ne t’inquiète donc pas, je ne te la piquerai pas. Petit veinard, va !

Patricia mit fin à ce monologue en leur lançant :

— Vous en mettez du temps à poser des manteaux !

Alain et Marc revinrent. Alain bredouilla une vague explication :

— Il y a un sacré bordel dans sa chambre… Alors, avant de poser les manteaux, il a fallu faire de la place.

— Oh ça va, n’exagérons rien. Je suis un peu désordonné, c’est tout, rétorqua Marc. Alors, ce fameux listing ? demanda-t-il histoire de dévier la conversation.

— Les voici, dit Alain en lui tendant les deux liasses de papier…

— “Les” ? Je croyais qu’il n’y en avait qu’un…

— Après t’avoir téléphoné, nous en avons trouvé un second.

— Laisse-moi voir…

Marc commença à tourner les pages en lisant rapidement les mystérieux hiéroglyphes. Une exclamation de Patricia fit se retourner Alain :

— Purée !

Marc, trop absorbé dans sa lecture, n’avait même pas levé les yeux. Alain rejoignit Patricia. Elle était entrée dans le bureau de Marc et restait en admiration devant son attirail informatique :

— Il est plutôt bien équipé ton copain…

Alain tenta une boutade :

— Je ne sais pas, je ne l’ai jamais vu à poil…

— C’est malin ! Je parlais de son matériel.

— Moi aussi !

— Bon, ça suffit. Les plaisanteries les plus courtes…

— Sont souvent les moins longues, acheva Alain en souriant.

Elle haussa les épaules. Ils restèrent tous deux silencieux, à se regarder les yeux dans les yeux, se rapprochant imperceptiblement l’un de l’autre.

Alain tendit les bras, la prit par les épaules et la rapprocha doucement de lui. Elle se laissa faire sans mot dire.

Leurs deux têtes se rapprochèrent. Alain s’était un peu penché et elle s’était hissée sur la pointe des pieds : leurs lèvres se trouvaient face à face.

Alain retint sa respiration pour essayer de contenir les battements frénétiques de son cœur. Il inclina légèrement la tête et posa ses lèvres sur les siennes.

Ce fut comme une vague de chaleur et de froid qui traversa tout son être. Le temps n’existait plus, ils étaient seuls au monde, comme tous les amoureux…

Un toussotement les ramena à la réalité : Marc les avait rejoints :

— Alors les tourtereaux, je vous l’explique votre truc ?

A suivre...


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