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08.01. Babel - Chapitre VIII (1/4)

lundi 24 décembre 2007, par Luc de Bauprois


(Episode précédent)

Chapitre VIII

— Ils n’ont rien de très compliqué vos listings, commença Marc, tandis que Patricia et Alain se séparaient à regret.

— Rien d’intéressant donc… conclut un peu vite Alain.

— Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, le corrigea Marc. C’est même très intéressant au contraire. Ton premier listing, c’est un fichier “/etc/hosts” de machine Unix.

— Un fichier quoi ? demanda Alain. Tu ne pourrais pas essayer de parler français pour une fois ?

— Comment t’expliquer ça… Si tu veux, c’est une sorte d’annuaire téléphonique pour ordinateur. Pour chacun des noms, Hector, Alfred, Joséphine, tu as un code d’appel. Par exemple pour appeler l’ordinateur SE003 qui est surnommé Joséphine, il faut “composer” le numéro 128.131.27.217…

— Ça n’a rien d’un numéro de téléphone, objecta Alain.

— Je n’ai pas dit que c’était un numéro de téléphone. Ça y ressemble, c’est tout…

— Et ça peut servir à quelque chose ?

— Si les babasses sont…

— Les quoi ? l’interrompit Alain.

— Les babasses, les ordinateurs si tu préfères. C’est de l’argot d’informaticien.

— Ah !

— Donc si ces babasses sont connectées à un réseau national, je peux aussi m’y connecter…

— On peut essayer ?

— Pourquoi pas ? Mais il y a une énorme difficulté : pour “entrer” sur une machine, il faut connaître un mot de passe… Cela m’amène à ton second listing : il s’agit apparemment d’une série de “passwords” avec leurs dates de validité. Elle est sans doute obsolète, mais il semble y avoir une relation entre les dates et le code à utiliser.

— Tu pourrais retrouver cette relation ?

— Moi, non… Mais mon ordinateur préféré oui !

— Alors au travail !

— Du calme. La première chose à faire est de vérifier que l’on peut accéder à ces machines…

Marc s’assit devant un écran et un clavier. Il activa l’ordinateur qui commença à ronronner.

— Il y en a pour une minute, juste le temps de booter le système…

— De quoi le système ?

— De le démarrer si tu préfères.

Ni Alain, ni Patricia ne comprenaient grand chose à ce qui se passait : de nombreux messages cabalistiques se succédaient à l’écran. Quelques secondes plus tard l’affichage cessa de défiler :

— Voilà, ma machine est prête. Tu vois, dit Marc en montrant l’écran, pour y accéder il faut que je tape mon nom et mon mot de passe.

Alain regarda. L’écran affichait une mystérieuse injonction à laquelle Marc obéit. À “login” il répondit “marc”, puis à la question “Password” il tapa quelques caractères qui ne s’affichèrent pas à l’écran.

— Tu comprends, dit-il, je dois m’identifier pour travailler. Je rentre mon nom, ou plutôt mon “login” et je m’authentifie par un mot de passe que je garde secret. C’est pareil pour les ordinateurs dont tu m’as apporté les numéros. Maintenant, je vais essayer de les contacter…

Il se remit à pianoter d’étranges ordres : “telnet 128.131.27.194”. Aussitôt, un message apparu :

Trying…128.131.27.194

— On va vite savoir si ça marche, commenta Marc.

Quelques secondes plus tard, l’écran afficha :

Connected to 128.131.27.194
Escape character is ‘^]’.

MegatronicOS UNIX 7.3 (SE001/Hector)
login :

Le curseur clignotait juste après le mot “login”. Marc commenta :

— Tu vois, maintenant il faudrait taper un nom et un mot de passe pour pouvoir entrer.

— Je vois. Tu crois pouvoir y arriver ?

— Je pense que oui, mais j’ai besoin de votre aide !

— Comment ? répliqua Alain. Tu sais bien que je n’y connais rien en info, et Patricia non plus. Je ne vois pas comment nous pourrions t’aider…

— Facile ! Pour trouver la logique des mots de passe, il faut les analyser, donc les retaper… Ce que j’attends de vous, c’est simplement un travail de secrétaire. D’ailleurs, tu dois avoir l’habitude de ce genre de boulot, Alain…

— Plutôt, oui. À force de taper des rapports à longueur de journée… Mais d’habitude j’utilise une machine à écrire, pas un de ces machins hyper-sophistiqués.

— Il n’y a pas une grande différence, tu sais.

— Si tu le dis… Mais on va en avoir pour un sacré bout de temps.

— Et alors, tu es attendu ?

— Je ne crois pas. Enfin… si, peut-être : il doit y avoir un message sur mon répondeur. J’espère que ce n’est pas quelque chose d’urgent.

— Interroge-le donc à distance…

— C’est vrai, tu as raison, dit-il en décrochant le téléphone.

Il composa son propre numéro et attendit que la communication s’établisse… Quelque chose d’inquiétant dut arriver car Marc et Patricia virent distinctement Alain pâlir avant de raccrocher précipitamment le combiné.

— Que se passe-t-il, demandèrent-ils d’une même voix.

— Il y a quelqu’un chez moi…

— Tu es sûr ? Tu as pu te tromper de numéro…

— Ça m’étonnerait. L’homme qui a décroché a juste dit : “Montfranc à l’appareil”. J’ai tout de suite coupé la communication, mais…

— Si je comprends bien, tu es encore mêlé à une histoire louche.

— Plutôt oui !

Une nouvelle fois, Alain narra ses aventures. Marc l’écouta en silence. Lorsqu’Alain eut fini, il dit simplement :

— Il n’y a vraiment que toi pour atterrir dans des combines pareilles.

— Si tu crois que je le fais exprès !

— Avec toi je ne suis jamais sûr de rien. Mais il y a un truc qui m’étonne…

— Quoi ?

— La tour a été complètement incendiée. Plus rien ne devrait marcher là-dedans. Pourtant il y a au moins un des ordinateurs qui fonctionne encore.

— Je sais, moi aussi je trouve ça bizarre… Il faut vraiment que nous arrivions à nous connecter à ces machines pour voir ce qui se passe là-bas.

— Pas de problème ! Je suis là, non ?

— Dis-moi, Marc…

— Oui ?

A suivre...


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